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A voir dans le village :

L’église

Ce sanctuaire est fort ancien, donc vénérable, mais, comme bien d'autres, sa construction s'échelonne dans le temps. Pour lui, on peut distinguer trois étapes:

1 - Il apparut voici presque un millénaire, au début du Xlème siècle comme les nefs du Lion d'Angers, de Thorigné d'Anjou, de Neuville, etc..., toutes si semblables dans leur stricte sobriété, un simple nef rectangulaire à fond plat.

2 - Au XIIème siècle, on le prolongea par un chœur nettement plus étroit, avec abside arrondie qui bénéficia des prémices de l'art roman naissant. On peut en juger, à l'extérieur, par sa partie supérieure en encorbellement sous la toiture, dont le bandeau inférieur â double rayure horizontal repose sur une quinzaine de " corbeaux" y de pierre sculptés.

3 - En 1788, à la veille de la Révolution, la Vicomtesse Achille de Rougé fit exécuter d'importantes transformations que voici :

a) la nef fut éclairée parquasse grandes fenêtres, tandis que l'on mura les petites baies d'origine, situées plus haut, dont on voit encore l'emplacement.

b) On adjoignit de part et d'autre du chœur deux sacristies. A cette époque, il n'y avait pas de classement des monuments historiques, ni de commission de surveillance et d'agrément. Aujourd'hui, une telle initiative serait refusée. Mais tout compte fait, cela ne choque pas, les deux annexes sont en même jolie pierre que l'édifice et les longues toitures incurvées descendant bas ne manquent pas d'élégance.

c) Le plus important ce fut, au dessus du pignon de jonction nef- chœur, le remplacement du lanterneau roman par l'actuel clocher en ardoise avec flèche. Avant, les cloches étaient à l'air libre dans les embrasures d'un mur. Ce type de clocher à quatre pans à la base puis six à la flèche se retrouve au Lion d'Angers, avant le foudroiement de 1918, à Neuville, à la Jaillette et ailleurs.

d) A la date de 1788, il n'y avait pas de voûte en bois comme le voulait l'usage dans les églises prédomines. Ce n'était qu'un plafond plat sous grenier. En établissant une voûte en berceau lambrissée, Madame de Rougé ne fit peut-être que reconstituer le passé.

4 - En 1903 toujours selon les décisions de la famille de Rougé, les quatre fenêtres furent garnies de vitraux de l'atelier Clamens. Ce sont, en haut à gauche, Saint Camille de LELLIS, en bas, Saint Louis, en haut à droite, Saint Etienne, Premier Martyr, en bas, Saint Pierre, Patron de l'égrise. De même furent installés, le maître-autel et deux autres latéraux qui comme les verrières sont de style Saint Sulpicien. Suivant le goût du jour, on peignit les murs de fausses draperies et le lambris de la voûte, en bleu ciel, parsemés d'étoiles.

Inscrit à l'inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, ce sanctuaire renferme, en son sein, la curieuse et expressive statue de Saint Jacques, découverte enterrée dans le jardin du presbytère, pour sans doute être soustraite aux profanations révolutionnaires.

Il a vraiment beaucoup de charme. ses murs rustiques sont faits d'un mélange de moellons ocres, roux ferrugineux et schisteux, disposés par endroit en arête de poisson. La plus remarquable, c'est son harmonieuse silhouette trapue surmontée de l'élégant clocher central âgé d'un peu plus de 200 ans et restauré en 1991. Elle est bien dégagée au milieu de sa placette gantée d'arbres, au cœur d'un village fleuri. Cette placette, comme le voulait la tradition, était l'ancien cimetière qui, voici quatre siècles, accueillait par les tombes, les joueurs de paume et de quilles, jusqu'à interdit prononcé en 1608. Il fut transféré au lieu habituel sous le règne de Napoléon I.

Comment la paroisse actuelle traversa-l-elle la crise révolutionnaire de 1789 ? On n'y signale pas de rencontres orageuses entra Chouans et Républicains, comme à La Jaille-Yvon, Montreuil sur ; 1 Maine etAndigné dont les églises furent, en partie, incendiées par les Chouans eux-mêmes. Pourtant, proche de Marigné, elle ne dut pas jouir d'un parfait repos. En blet, en 1793, Marigné devint le centre d'une Chouannerie très militante animée par des chefs résolus, tels les fameux frères Joseph et Louis COQUEREAU qui en étaient originaires, et aussi les trois frères Logerais surnommés Pimousse, Chasse-Bleu et Petit-chouan.

Lors de la Constitution civile du clergé de 1790, le curé Nicolas minière refusa le serment. Il fut arrêté en été 1791 pour avoir baptisé un enfant ; on ignore son sort. Son successeur assermenté ne resta qu'un an, puis sept années suivirent sans desservants, jusqu'à Jean-pierre GERNIGON, curé concordataire sous les Consulat. La tradition veut que pendant les temps de persécution, des messesfussent célébréesdans une petite grotte cachée dans les escarpements du Haut-Rocher appelée et "La Chapelle à Boucher".

La maison du presbytère est un peu â l'écart de l'église. Bien qu'elle porte la trace d'une fenêtre à meneaux et qu'une mention en soit faite en 1453, elle est sûrement antérieures début du Xllème siècle, elle était un prieuré-cure, c'est-à-dire que le moine Prieur avait aussi la paroisse en charge.

qu'était donc un Prieuré ? Tout simplement un domaine ecclésiastique agricole dont le Prieur était le régisseur pour le compte des grandes abbayes propriétaires, l'Abbaye Toussaint en ce qui concerne Chenillé-changé.

 

Le Moulin de Chenillé-Changé

Le Moulin de Chenillé-changé. Que vous le voyiez de près, de revers ou de l'écluse sur la rive opposée, il vous apparaît comme l'élément roi de son joli site, et dont vous entendez batte le coeur. Comme la majorité de ses semblables, il plonge ses racines dans le Moyen Age. Bien que le plus ancien document le concernant soit du XVlème siècle, on peur, selon M. Meugé, le date du Xllème siècle, au moins pour ses bases. Il est de ceux qui subirent les plus nombreuses métamorphoses au cours des temps, pour des raisons diverses, notamment les incendies et les guerres.

Nous n'avons qu'une historiographie très sommaire sur tous ces vieux moulins, mais pour celui de Chenillé-changé, le hasard a voulu que l'on remonte à plus de quatre siècles : voici quelques années des maçons travaillant à l'intérieur de l'édifice trouvèrent des vieux papiers couverts de textes en vieux français, qu'ils portèrent aux meuniers, Madame Rosa BOUIN et son fils, René, qui les confièrent à Monsieur le Curé apte à les déchiffrer. C'était des actes de baux et des factures de travaux, dont nous épargnons les détails au lecteur. Enumérons en cependant les dates : 1551 - 1692 - 1697 - 1716 - 1730 - 1737 - 1740 - 1748 - 1767 - 1820 - 1830 - 1836 - 1862.

Il s'agit d'un procès qui dura quarante ans, de 1760 à 1800, entre les rougé, propriétaires du moulin rive gauche et un certain MEIGNAN, possesseur de celui de la rive opposés, tous deux sur la même chaussée. MEIGNAN avait entre autres irrégularités, installé une seconde roue, ce qui affaiblissait son voisin. Finalement, il perdit la partie.

Reprenons la chronologie qui désormais ne comporte plus de lacunes. En 1869, le bail de location passe des mains de Stanislas Maurice en celles de François MELLET qui vient du moulin du Rideau de la Saulaie à Montreuil sur Maine. Son fils, Eugène, lui succédant, épouse, en 1903, Rosalie BACHELOT. De cette union naquirent quatre filles, alors qui continuera l'exploitation ? Heureusement, l'une d'elle, Rosa, née en 1911, épousa, en 1936, un des fils d'un meunier des Mauges, René BOUIN. Cette famille était présente depuis cinq cent ans au moulin de la Chapelle Saint Florent, sur l'ivre. A ce jour, c'est le fils, René BOUIN qui en est le propriétaire et qui en assure son fonctionnement avec son gendre et sa fille : Thierry et Cécile TAU

Sur la façade, trois choses sont à remarquer : la date de la reconstruction - 1902, une statuette de la Vierge dans une niche et une plaque de marbre portant une inscription latine gravée, dont voici la traduction : "Le moulin dressé sur un tertre que tu vois au dessus du cours d'eau a été édifié par nos ancêtres ; puis notre mère de nos jours l'a relevé et agrandi après qu'il eut été détruit, en réparation à la divine Mère. Et cependant, l'eau tourbillonnante se désole de ne pouvoir entraîner dans ses flots, ceux qui tiennent le timon du pouvoir Puisse la machine vengeresse broyer avec le reste ceux que tu penses".

A première vue, cette plaque semble très ancienne, parce qu'elle est latine et sa gravure gauche. Non ! Elle fut apposée en même temps que la bénédiction de la statuette, en 1903, lors du mariage d'Eugène MELLET et Rosalie BACHELOT, les meuniers (parents de Rosa BOUIN).

Le texte traduit n'est pas des plus clairs, on peut quant même l'interpréter. Voici : "édifié par nos ancetres ...", ce sont de seigneurs féodaux du Xllème siècle - "notre mère de nos jours l'a relevé et agrandi...". Il s'agit sans aucun doute de la Vicomtesse Camille de Rougé, veuve depuis 1896 "Et cependant, l'eau tourbillonnante se désole de ne pouvoir entraîner dans ses flots ceux qui tiennent le timon du pouvoir..." Pourquoi ces phrases terribles, vengeresses et bien peu chrétiennes de fin de texte ? Impossible de répondre à cette question sans évoquer les débuts troublés de notre Xxème siècle. Les années 1899 - 1905 sont le temps le plus fort de l'anticléricalisme militant, avec Emile COMBES, l'interdiction des congrégations religieuses, la séparation de l'église et de l'Etat, les Inventaires, etc.... Tout cela voulu par les hommes qui tenaient le timon du pouvoir. Les paroissiens et la noblesse, soutiens fervents du catholicisme, ne pouvaient que réagir avec passion. famille de rougi, veuve depuis 1896.

Depuis février 2007, le Moulin de Chenillé possède une activité suplémentaire. En complément de la production de farine et de ses visites, le Moulin de Chenillé-changé produit de l'électricité.

 

Le Château des Rues

Le château des Rues est la demeure ancestrale de la famille de rougé. Le premier acte relatif à la terre des Rues, conservé aux archives du château, date du " mercredi après Pâques 15ème jour d'Avril 1395" : c'est le bail de la motte des Rues située près de la rivière, joignant les marais de CHAMBELLAY : on n'habitait plus la motte féodale et le château était déjà situé à l'emplacement actuel.

Après la guerre de Cent ans qui dévasta le Maine et l'Anjou, on dut restaurer le château. Le manoir du XVème siècle consistait en un corps de logis central, flanqué de deux tours. Une aile basse abritait les cuisines et l'autre les écuries : c'est toujours la disposition actuelle.

En 1768, le Vicomte et la Vicomtesse Achille de rougé firent reconstruire le château : on conserve la pierre posée le 23 Mars 1768. Deux pavillons terminaient la cour fermée par un mur bas, bordé d'une douve.

Cent ans plus tard, en 1858, le Vicomte et la Vicomtesse Camille de rougé entreprirent la restauration au goût du jour en faisant appel à l'architecte angevin au renom de l'époque, René Hodé. De cette époque, date l'aspect néogothique du château : créneaux, mâchicoulis, lucarnes en bureau, épis de faîtage et girouettes aux armes des rougé "gueules à la croix pattée d'argent".

En même temps, les champs entourant le château étaient transformés en un vaste parc à l'anglaise par le Comte de CHOULOT, architecte paysagiste, partenaire habituel de Hodé : nivellement des pelouses, percée dans le bois dans l'axe du château, création de deux avenues en demi cercle. Enfin, en 1918, le Vicomte et la Vicomtesse Olivier de rouge construisirent la chapelle en souvenir de leurs deux filles décédées.

 

Le Domaine des Rues

La ferme du Domaine des Rues fut construite vers 1810. Elle constituait, pour l'époque, un établissement modèle pour l'élevage bovins et porcins notamment.

Edifiée par la famille de rougé, elle est identifiée comme berceau de la race Maine Anjou / Rouge des Prés. A l'origine, c'est le Vicomte Olivier de rougé qui créa cette race issue du croissement sélectif de la vieille souche Mancelle avec celle du Comté de "Durham" du Nord de l'Angleterre dites "courtes cornes" de qui était réputée pour sa productivité en boucherie.

Ce site de l'ancienne ferme modèle deviendra, dans les prochains mois, le haut lieu de promotion de la Maine-Anjou AOC, tout d'abord par la création de la maison de la Maine-Anjou et de l'implantation d'un pôle technique et de recherche mais aussi par le développement d'un projet touristique proposant au grand public de découvrir une race locale àtravers la richesse d'un patrimoine bâti.

 

La chapelle de la Blinière

 

 

 

Le coteau de la vierge

Quand vous êtes sur la place de l'église, levez le regard sur la cime du coteau du Nord, puis par le sentier facile, vous en faites la courte ascension et vous êtes écrasé par une statue colossale toute blanche de la Vierge ayant à ses pieds un Jésus adolescent offrant son ceour. C'est pourquoi, elle est appelée Notre Dame du Sacré Cœur.

Ce n'est pas tout, de part et d'autre du socle en maçonnerie, 2 anges tiennent chacun un parchemin de pierre gravé de textes explicatifs. Ils sonti, là, veillant sur le Christ mort gisant dans l'évidement du socle qui contient aussi un petit autel : le visage est d'une émouvante beauté.

La scène est évidemment à rapprocher des apparitions faites à Sainte Marguerite-Marie Alacoque au XVllème siècle qui sont à l'origine du culte du Sacré Cœur, avec cependant une grande différence. A Paray le Monial, Jésus était adulte présentant son cœur à la Sainte et au monde. Ici, à Chenillé-changé, il est enfant et est accompagné de sa Mère. Qui a décidé de cela, la famille rougé, fondatrice, ou le sculpteur, dont on ignore le nom et c'est regrettable?

Mais qu'est-ce qui a donc motivé cette édification? Voici l'histoire Reportons-nous à cette guerre malheureuse et oubliée de 1870. Les Prussiens, comme on disait à l'époque, venaient d'anéantir l'armée de Chanzy au Mans, ils poursuivaient leur progression quand l'armistice stoppa leurs avant-gardes à Saint Denis d'Anjou. Comme, on le pense, l'effroi régnait dans toute la région, on n'eut plus d'espoir que dans la prière et un miracle. C'est ainsi que le Vicomte et la Vicomtesse Camille de ROUGE firent vœu â la Vierge d'ériger au faite de l'éminence dominant le Village un monumental ex-voto si l'invasion n'atteignait pas Chenillé-changé. Ils tinrent parole et tout était accompli le 19 Mai 1874.

Cela n'est pas sans rappeler le vœu national de la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre dans le même temps. A cette nuance près que Paris ne fut pas épargné, ni par le terrible siège, ni par la guerre civile de la Commune.

Ce site fut pendant quelques années un lieu attractif de pèlerinage, en même temps que la grotte de Lourdes à Montreuil sur Maine, en 1900. Aujourd'hui, il jouit d'un regain de ferveur, ou pour le moins de fréquentation touristique. Il ne faut pas manquer la procession aux flambeaux au crépuscule de la Fête de l'Assomption, le 15 Août.

Puisse ce récit mieux faire connaître ce haut lieu marial et inciter à en faire la facile montée, il est une colline inspirée, un point ou souffle l'Esprit. Et si l'on n'a pas la foi, de là-haut, la vue est si belle sur la Mayenne et le village que l'on est obligatoirement porté à la méditation.

 

 

A voir dans les environs

 

Angers

www.angers.fr

 

Le Lion d’Angers

www.leliondangers.fr

 

Le Plessis Macé

www.le-plessis-mace.fr

 

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